Exposition au musée : dans l’œil de Séverine Vincent
Changement d’exposition à l’étage du musée de la coutellerie : les portraits d’artisans de Dominique Frotté laissent place à une série de portraits et de créations réalisées en pointillisme et scrimshaw signés Décal’Art. “Animaux et coutellerie, regard d’artiste” est une exposition à découvrir jusqu’au 5 novembre.
Il y a trois ans, Séverine Vincent n’avait pas encore découvert ses talents artistiques. Complètement autodidacte, sans jamais avoir pris un cours de dessin, il lui aura fallu une épaule cassée pour se lancer dans une fresque murale et ce fut la révélation. Cette pause santé obligée l’a menée à prendre les pinceaux pour s’occuper. Après avoir posté une peinture murale sur les réseaux, tout s’est enflammé. Les clics se sont multipliés et les tableaux aussi. Ses toiles ont rapidement trouvé preneur. Attirée par le tatouage, elle s’est procuré une machine à stencil et a découvert la technique du dot work (travail du point). « Je suis rentrée dans le point ! », dit-elle.
En 2022, elle a emménagé à Nogent avec sa fille. L’idée de se lancer dans le tatouage thérapeutique trottait dans sa tête. A l’occasion des Journées du patrimoine, l’an passé, Séverine a visité le musée et y a découvert la coutellerie. Elle a rencontré le coutelier local, Didier Marivet. Entre l’artisan et l’artiste, les idées ont rapidement fusionné. Didier Marivet lui fait découvrir la technique du scrimshaw, de l’artisanat issu de gravures réalisées par les chasseurs de baleines sur les produits tirés de différents mammifères marins. Le 2 janvier, elle fait un test sur un manche de couteau.
Dessins pointillistes
Son premier poisson en pointillisme prend forme au bout d’un poinçon à cuir. Autodidacte, débrouillarde, elle fabrique ses propres outils et affine sa technique via des vidéos. Depuis, elle ne s’arrête plus. Corne de buffle, défense de phacochère, bois de cerf, ivoire fossilisé de mammouth, elle s’attaque à diverses matières trouvées chez son fournisseur haut-marnais Bois 52. Sa rencontre avec le n°1 du scrimshaw en Belgique n’a fait que renforcer sa passion pour cette discipline qu’elle a étendue depuis à des médaillons. Sa passion pour le pointillisme ne s’arrête pas là. Au bout de ses mines allant de 0,003 mm à 0,1 mm, elle réalise en parallèle des portraits au format A4. « Ça me plaît énormément, c’est un travail de minutie qui me correspond ». Pour Séverine, d’une nature réservée et discrète, dessiner et pointer dans son cocon lui font du bien. Ce travail lui prend beaucoup de temps, puisqu’elle peut mettre jusqu’à 42 heures pour faire un portrait. « J’aime jouer avec le noir, les ombres et les lumières et surtout ça donne l’œil vivant ! » Eléphant, tortue, de la terre ou de la mer, les œuvres transportent. De l’ombre à la lumière, l’artiste aux yeux pétillants sera présente au musée ce samedi 2 septembre toute la journée. En plus d’expliquer ses techniques, elle fera des démonstrations l’après-midi. Le musée est ouvert de 10 h à 12 h et de 14 h à 18 h.