La force de la nature, toute brute, le village des Schtroumpfs est loin
Au pied et en retrait d’un ensemble d’immeubles de l’avenue Carnot, après avoir été coupées, les herbes et broussailles des terrains attenants sont soigneusement rangées dans un carré encerclé de parpaings. Bref, les déchets verts sont contenus. Toutefois, la nature continue de vivre, tant bien que mal. Et ça change du village des Schtroumpfs.
Avec le temps, les déchets verts jaunissent et se dessèchent, peut-être même qu’ils pourrissent un peu. Mais, même quand la nature a été bousculée, elle vit, cet amoncellement vieillissant reste une terre de colonisation. Voilà comment une champignonnière y est née. Tant bien que mal vue l’allure des champignons, au demeurant impropres par nature à la consommation, ça tombe bien, tout piquetés de brun qu’ils sont sur leurs parties les plus charnues (plutôt plus que moins), habillés d’une robe qui, initialement beige, s’est ternie, on les imagine mal en fricassée.
Pourtant, la nature démontre encore sa force dans ce petit carré, et, les champignons bénéficient d’un capital sympathie, ce n’est pas pour rien que les Schtroumfs habitent où ils habitent. Et pareillement, c’est sans doute logique que, devant pareil tableau qui souligne la différence entre ces champignons essorés et les maisons des petits hommes bleus, on se dise tiens-tiens.
Fabienne Ausserre
f.ausserre@jhm.fr