Fonderies, les rejets continuent malgré la mise en conformité
Épinglées plusieurs fois par la Dreal pointant du doigt des dysfonctionnements dans sa gestion des rejets de poussières, les Fonderies de Saint-Dizier sont depuis enfin entrées en conformité. Malgré cela, les riverains semblent encore gênés par diverses nuisances.
Depuis plusieurs années, les habitants du centre-ville, résidant aux alentours des Fonderies de Saint-Dizier, doivent faire face à de nombreux désagréments causés par l’entreprise. Poussière en masse, bruit, allers et venues de camions, difficile pour eux de trouver une certaine tranquillité dans leur propre foyer. Alors dès qu’ils en ont eu l’occasion, en 2019, ils ont élevé la voix, ou plutôt le stylo. « Cette année-là, nous avons lancé une pétition », se remémore Marie-France Talbot, riveraine qui poursuit en précisant qu’ils se sont par la suite tournés vers la Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement (Dreal).
Sollicités, cette dernière leur avait même donné raison à plusieurs reprises en signalant des dysfonctionnements constatés lors de contrôles en octobre 2021 et lors de visites inopinées en septembre 2022. Qu’en est-il aujourd’hui ? À l’occasion d’une réunion réalisée, ce lundi 26 juin, à l’hôtel de ville, un point sur cette problématique a été fait. Ce dernier s’est avéré plutôt positif niveau réglementation.
« Afin de s’assurer de la fiabilité des mesures périodiques réalisées sous la responsabilité de l’exploitant des Fonderies de Saint-Dizier, la Dreal a commandité des mesures inopinées des rejets, réalisées par une entreprise tierce, en sortie des cheminées du site, en septembre 2022 et en janvier 2023 », détaille ainsi la Dreal, dans un mail envoyé quelques jours plus tard à Jhm quotidien. « Les résultats de cette campagne de surveillance ne montrent ni dépassement des valeurs seuils ou de références, ni suspicion d’un quelconque impact environnemental ou sanitaire (concentration des poussières « PM10 » en suspension, dépôts de poussières, concentration en plomb, cadmium, arsenic et antimoine dans les poussières). »
Des rejets persistants
Néanmoins, même si sur le papier, les améliorations sont notables, les voisins de l’industriel semblent encore éprouver diverses gênes, liées notamment aux allers et venus des camions dans certaines rues adjacentes comprenant de possibles pertes de ferrailles qui engendreraient des crevaisons, mais aussi et surtout aux rejets de poussières persistants. « Malgré les travaux effectués récemment, ça ne change rien. Les retombées de poussières sont toujours présentes », déplore Marie-France Talbot. Avant d’émettre des inquiétudes vis-à-vis des résultats de l’étude sanitaire : « D’après la Dreal, la qualité de l’air est correcte, mais ce qui m’inquiète, c’est l’impact de l’exposition chronique sur notre santé. »
En ce sens, lors de la réunion, et comme le relate la Dreal, « afin de limiter autant que possible les nuisances ressenties, l’exploitant s’est par ailleurs également engagé à poursuivre ses actions d’amélioration, à partir d’août, visant à limiter les émissions diffuses générées par son site. La campagne de mesure de l’air ambiant et des retombées autour du site sera reconduite une fois par an. » Contactée par Jhm quotidien, l’entreprise n’a, pour l’heure, pas donné suite à nos sollicitations.
Côté mairie, « nous continuons d’être attentifs aux éventuelles plaintes des riverains ainsi qu’aux difficultés rencontrées par l’industrie en question », assure Franck Raimbault, adjoint à l’Environnement. « S’il y a des choses que l’on peut faire dans l’aménagement urbain, on essaiera de les réaliser. »
Un nouveau point devrait être effectué début 2024, pour faire un nouveau point sur cette problématique.
Dominique Lemoine