Une conférence émouvante
Samedi 10 juin, devant près de 100 personnes réunies dans la cour d’honneur du château du Pailly, Marius Hutinet, jeune étudiant de 22 ans, originaire du Sud-Ouest, titulaire d’une licence en histoire, et qui réalise un mémoire de recherche sur la gendarmerie haut-marnaise en 1944 est venu tenir conférence sur le maquis de Bussières, dont son arrière-grand-père Henri Hutinet alias lieutenant Henry fut l’initiateur. Entrer au maquis pour combattre l’ennemi, ça coulait de source pour certains jeunes Haut-Marnais et Français.
Un an auparavant, sur la terre de ses aïeux, c’est en simple visiteur qu’il a contemplé le château du Pailly.
Devant les grilles, il a rencontré Georgette Henry, un nom qui ne lui est pas étranger puisqu’il sait que son grand-père réfractaire s’est caché en 1943 chez un fermier du village, Paul Henry, afin d’échapper au STO.
De fil en aiguille, il est évoqué la possibilité de tenir une conférence sur ses recherches, avec l’ARCP (Association renaissance château du Pailly). Rendez-vous est pris en mars pour exposer son projet puis la date de la conférence est fixée au 11 juin.
Et là, il détaille la brève, mais ô combien importante avec environ 450 hommes, existence du maquis de Bussières, créé par son aïeul en août 1944, et qui se termina le 11 septembre1944. Des échanges constructifs entre l’étudiant et les personnes présentes montrent l’intérêt d’une telle rencontre, lui ont permis de corriger ou d’éclaircir quelques connaissances, d’échanger des documents inédits retrouvés dans les archives de l’aïeul, telle la fausse carte d’identité détenue en 1943, des photographies, d’inviter à la lecture avec Clovis – le prix de la Liberté. Le sort des trois infirmières envoyées le 10 septembre à l’infirmerie du château de Saulles, violées et torturées par des soldats allemands et russes au soir du 11 septembre 44, et qui ont refusé de trahir le maquis de Bussières, a été évoqué, et 80 années plus tard, l’émotion est toujours palpable.
L’intervention du maire de Saulles, M. De Tricornot, dont la famille est propriétaire du château, la présence d’une descendante de Marie-Louise Bailly a renforcé cette vive émotion. Marius a également évoqué le rôle de la gendarmerie en sortie de guerre, avec des ralliements de convenance ou d’engagement ? Le sujet de son mémoire de recherche qu’il présentera prochainement à la Sorbonne. Vous possédez des informations sur le maquis de Bussières, des éléments sur Jean Spiro ou autre maquisard, des photos ou des documents, vous pensez pouvoir aider Marius Hutinet, n’hésitez pas à le contacter par mail : marius.hutinet@gmail.com