Passer à nouveau son permis 22 ans après, ça fait quoi ?
AUTO-ÉCOLE. Tenter une nouvelle fois l’examen du permis du conduire, pour faire un bilan de compétences, est une expérience peu commune. Mauvaises habitudes, petits oublis, ou au contraire points forts acquis avec l’expérience, tout est mis au jour par l’examinateur.
Vous avez passé le permis il y a plusieurs années, prenez votre voiture tous les jours ou presque, et faites attention sur la route. Si vous étiez amené à repasser l’examen, vous le valideriez donc haut la main ? Pas si vite. Avec la complicité de l’Auto-école 2.0 de Saint-Dizier, Nicolas, journaliste de jhm quotidien, s’est prêté au jeu. Et malgré un comportement exemplaire sur la route, l’intégralité des points nécessaire à l’obtention du permis n’ont pas été obtenus.
Il faut déjà contextualiser. Le permis, en 2002 – date à laquelle notre journaliste l’a obtenu – n’avait pas grand-chose à voir avec ce à quoi il ressemble aujourd’hui. Il en va de même pour les permis antérieurs, et même plus récents, tant les critères d’évaluation sont mouvants. « Nous sommes plus à cheval sur la mobilité du regard, ou sur la sécurité avant le démarrage », détaille Azzeddine Ounissi, gérant de l’Auto-école 2.0 qui s’est mué en examinateur, jeudi 25 mai. Et ça n’a pas manqué : notre conducteur d’un jour a perdu un point sur chacun de ces deux aspects.
Attention à l’écoconduite
Pendant les 32 minutes d’examen, plusieurs phases se succèdent. En agglomération, en campagne, en autonomie – l’examinateur donne en amont les panneaux à suivre et laisse le candidat se débrouiller – et bien sûr en manœuvre. Une courte partie théorique, de trois questions dont une sur les premiers secours, est également comprise dans l’examen du permis.
Autre aspect incontournable : « L’écoconduite. C’est très important, nous insistons beaucoup là-dessus. » À la clé, un point de conduite respectueuse de l’environnement, facilement décroché par Nicolas. La courtoisie au volant est aussi récompensée d’un point, si une ou plusieurs situation(s) propice(s) se présente(nt).
Au final, avec 24 points sur 31 – il en faut au moins 20 pour décrocher le sésame, sans commettre de faute éliminatoire, évidemment – le permis aurait été obtenu assez aisément par notre journaliste. « Une bonne conduite, avec une connaissance du territoire et des règles de sécurité, mais ce n’est pas parfait », conclue l’examinateur.
Dorian Lacour
« Pas trop stressé » 21 ans après
Avec un résultat de 24/31, j’ai de nouveau « obtenu » mon permis de conduire, 21 ans et demi après l’avoir passé. Une petite satisfaction, sachant que je n’étais pas très fier au moment de monter dans le véhicule de l’Auto-école 2.0. Je savais ce qu’il fallait faire : bien marquer le stop trois secondes, bien regarder « l’angle mort » qu’aucun conducteur n’a dû oublier… Mais la réalité, c’est que l’on reproduit, chaque jour au volant, de mauvais réflexes que le moniteur nous fait rapidement remarquer : laisser le pied trop longtemps sur la pédale après avoir débrayé, laisser la main sur le pommeau de vitesse… Azzeddine nous rappelle de rester vigilant quant au positionnement parfait sur les ronds-points. Mais globalement, l’expérience s’est bien passée dans le sens où l’on m’a dit que j’étais un bon conducteur et que les quelques petites erreurs de la routine peuvent se corriger facilement. Pas d’une absolue nécessité, la piqûre de rappel de la conduite a été bénéfique. Celle du Code de la route, que j’ai promis de faire prochainement, me stresse davantage !
N. F.