Sébastien Caquas, la réussite est sur le tapis
Enfant du pays, formé par le légendaire Jean-Claude Noël au Judo-club Langres-Vingeanne, Sébastien Caquas, qui enseigne désormais le judo en Alsace, vient d’obtenir son sixième dan, le faisant entrer dans le cercle très fermé des plus grands judokas français. Portrait.
La décision a été prise le 8 décembre dernier. La Commission spécialisée des grades et degrés équivalents (CSDGE) de la Fédération française de judo a délivré un sixième dan au Langrois Sébastien Caquas, qui rejoint ainsi un cénacle très fermé, où figurent les meilleurs judokas français. Une véritable consécration pour un jeune homme entièrement tourné vers son sport et son enseignement. S’il officie désormais en Alsace pour enseigner son art martial — « ma passion, toute ma vie » — à Duppigheim et Obernai, c’est bien à Langres que ce natif de Champigny-lès-Langres a fait ses premières armes.
C’est en 1981, alors âgé de huit ans, que Sébastien Caquas a rejoint le Judo-club Langres-Vingeanne, après avoir été séduit par une initiation menée dans un cadre scolaire. « J’ai alors eu Jean-Claude Noël pour professeur. Il a été fantastique. C’est grâce à lui que j’en suis là aujourd’hui. C’est lui aussi qui m’a donné goût à l’enseignement et, plus tard, à l’arbitrage », confie Sébastien Caquas, toujours aussi admiratif de l’emblématique fondateur du club lingon. Le jeune homme y gravit alors tous les échelons, jusqu’à l’obtention de la ceinture noire en 1990 et le Graal d’un titre de vice-champion de France en cadets.
Par la suite, plus que jamais fou de judo, Sébastien Caquas a quitté Langres pour Marnaval. « Je suis allé avec Francis Clerget, qui montait à l’époque un groupe de haut niveau », explique le judoka, qui a également intégré le Creps à Strasbourg, en section “sports-études” : « En parallèle, j’ai mené une thèse en physique-chimie ».
Mais, en 1996, après l’obtention de son brevet d’État de professeur de judo et un stage mémorable, l’année précédente, à l’université de Tenri au Japon, Sébastien Caquas a du faire un choix entre sa carrière scientifique et le judo. Il a opté pour le judo. Qu’il a commencé à enseigner au CNRS à Strasbourg : « Au départ, c’était pour faire l’appoint. Et, bon an mal an, j’ai poursuivi, progressé. Et décidé d’en faire ma vie ».
Sébastien Caquas en charge de l’arbitrage régional
Par la suite, établi en Alsace, Sébastien Caquas a poursuivi sa carrière de professeur à Mundolsheim, Haguenau et Wasselonne. Il est désormais directeur technique des clubs de Duppigheim (1999, après un second stage au Japon) et d’Obernai (depuis 2016), et prend toujours énormément de plaisir à enseigner, et ce à tous les niveaux. Pas question, pour lui, de réserver son savoir-faire aux plus aguerris : « Je fais tous les âges, aussi bien le judo-loisirs que pour la compétition, ainsi que le taïso, le jujitsu et la self-défense ! ».

Sébastien Caquas s’est aussi investi, cette dernière décennie, dans l’arbitrage, là aussi sur le conseil de Jean-Claude Noël. Devenu arbitre national en 2012, il préside depuis 2016 la commission arbitrage de la Ligue Grand-Est de judo. « Il y a les arbitres et les commissaires de table. Mon rôle est de faire les plannings, d’organiser et aussi de permettre aux arbitres de progresser, d’assurer leur formation. Je dois aussi suivre toutes les évolutions des règles et les répercuter. Cela me prend beaucoup de temps mais c’est passionnant ! », sourit-il.
Pas près, pour autant, de faire ceinture sur l’énergie qu’il y consacre, Sébastien Caquas se rendra à Paris, le 14 janvier, pour la cérémonie officielle de remise de son sixième dan. « J’ai invité avec moi quelques-uns de mes élèves présents et passés, pour moi c’est le plus important ». Et, davantage que tout grade, peut-être sa plus grande réussite.
N. C.