Abus sexuels : l’évêque de Langres contraint de repousser l’instauration du tribunal
Lutte contre les abus sexuels. Confirmant une information du journal Le Parisien, Mgr Joseph de Metz-Noblat indique avoir repoussé l’instauration du nouveau Tribunal pénal canonique national (TPCN), qui traitera notamment des affaires de pédocriminalité, que l’évêque de Langres a la charge de mettre en place. Il se montre cependant confiant.
Le journal Le Parisien l’a révélé dans son édition du dimanche 16 octobre. Prévu dans la foulée de la reconnaissance par l’épiscopat français de la responsabilité de l’Eglise dans les actes pédocriminels commis durant des décennies par des prêtres français et du rapport de la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Eglise (Ciase), le Tribunal pénal canonique national (TCPN), qui prendra en charge l’ensemble des dossiers pénaux de l’Eglise catholique française, a vu son installation repoussée pour la troisième fois.

Président du Conseil pour les questions canoniques au sein de la Conférence des évêques de France (CEF), Mgr Joseph de Metz-Noblat a reconnu auprès de nos confrères du Parisien que l’instance ne verra pas le jour « au plus tôt, avant le printemps prochain ». L’évêque de Langres est en charge de la bonne installation du TCPN.
Abus sexuels : quiproquo avec Rome
Interrogé par jhm quotidien sur ce nouveau contretemps, qui peut donner au grand public une impression légitime de surplace après l’inflexion historique du rapport de la Commission indépendante sur les abus sexuels, Mgr de Metz-Noblat s’est voulu rassurant. Le report n’est, en réalité, du qu’à une mauvaise coordination avec le Vatican, en particulier la Congrégation pour la doctrine de la foi, qui supervise le dossier pour le compte du pape François.
« Il y a eu une petite part d’incompréhension avec Rome. Après plusieurs mois d’attente de leur part, il est apparu qu’ils attendaient en réalité des documents… qu’ils ne nous avaient pas formellement demandés ! ». Résultat des courses : il faut en repasser par un nouveau vote, en novembre, par l’assemblée plénière de la CEF, qui se réunira à Lourdes.
Il s’agit donc, aux yeux de l’évêque de Langres, d’un simple « problème de procédure » qui devrait pouvoir être réglé d’ici le printemps. Car, pour le reste, tout est prêt : « Les membres du Tribunal sont choisis et en attente de leur nomination officielle. Ils ont hâte de se mettre au travail ! ».
Nicolas Corté