Le marché de Villiers-en-Lieu a navigué entre deux eaux
VIE QUOTIDIENNE. Lancé le 15 juin dernier, le marché des Treuils s’est déroulé (peut-être) pour la dernière fois cette année, mercredi 31 août, à Villiers-en-Lieu. Après un départ en fanfare, l’effervescence est peu à peu retombée. L’heure est venue de dresser le bilan.
Mercredi 15 juin, une dizaine de commerçants ambulants s’étaient installés sur la place de la Mairie de Villiers-en-Lieu, pour le premier marché des Treuils. Un rendez-vous estival programmé chaque semaine, jusqu’au 31 août, voire plus si affinités. Au départ, l’idée est venue d’une commerçante faisant déjà le marché à Eclaron. « On en a discuté un mardi. Il y avait déjà un petit groupe, ils étaient prêts à commencer dès le lendemain », se remémore Éric Bonnemains, maire de la commune.
Le temps de s’organiser, le marché voit finalement le jour une semaine plus tard. Le démarrage s’effectue en grande pompe : dix camelots pour le premier, quinze pour le deuxième. Avec de nombreux visiteurs au rendez-vous.
Le marché tombe à l’eau
Mercredi 31 août était supposé avoir lieu le dernier marché de l’année à Villiers-en-Lieu. Sous les coups de 16 h, place de la Mairie, cinq camelots étaient de la partie. Au même moment, un déluge s’est abattu sur eux. Les étiquettes de Delphine – productrice de fruits, légumes et plantes sauvages – sont trempées. Chacun est obligé de remballer. Arrivé un peu plus tard, Roger n’aura même pas le loisir de déballer ; il repart après avoir discuté quelques minutes. « Le seul jour où il pleut vraiment, ça tombe aujourd’hui », constate Catherine, qui vend des épices et aides culinaires. Heureusement, cette dernière avait pris son barnum, qui fait office de refuge pour le petit groupe.
Malgré la situation, l’heure n’est pas au découragement. Chacun voit le côté positif « Ca va faire du bien aux terrains », ou y va de sa petite blague pour détendre l’atmosphère. « On fait un petit feu ? », lance Jean-François, affûteur à l’ancienne. Les minutes passent, pas les nuages. A 17 h, il ne reste plus que Delphine et Catherine. Les clients ne sont pas de la partie. Les aléas du marché que voulez-vous.
Un bilan mitigé
Après un départ en fanfare, l’effervescence du marché s’est peu à peu essoufflée. « C’était bien au départ, jusqu’au 14 juillet », situe Jean-François. « Après, le public n’a plus vraiment suivi », ajoute Delphine. Avec Catherine, tous les trois ont essayé d’être présent autant que possible. Chose qui n’est pas toujours simple au niveau de l’organisation : « J’ai lancé mon activité il y a un an et je suis seule. Parfois, c’est compliqué d’être sur tous les fronts », explique Delphine qui est basée en Meuse. La canicule, l’absence d’animations, la peur des gens face aux pénuries, le prix de l’essence… Les éléments d’explication peuvent être nombreux.
Moins de public, donc moins de commerçants. Moins de commerçants, donc moins de public. D’autant que pour ceux qui viennent de Vitry-le-François par exemple, « on regarde davantage le prix de l’essence avant de prendre la route ».
Toutefois, le petit groupe salue l’initiative de la municipalité : « Le marché est bien placé, visible de tous avec du stationnement à proximité. Au moins, ils auront essayé de proposer quelque chose. »
Louis Vanthournout
Le regard de la municipalité
Pour le maire Éric Bonnemains, après un bon démarrage, le mois d’août a laissé place à l’accalmie. Si des discussions vont être menées avec les camelots pour tenter de comprendre les raisons, l’édile en avance quelques-unes : « Il y a eu les départs en vacances. Les températures importantes n’ont pas aidé non plus. Nous manquions d’arbres, d’ombre, les gens préfèrent rester chez eux dans ce cas-là. »
Comme le confie le maire, la mise en œuvre rapide du marché a été un frein pour proposer des animations en parallèle, comme c’est le cas à Eclaron par exemple. Et puis, le mercredi « il y avait une forte concurrence de marché artisanaux. Des événements d’une journée comme à Giffaumont, où les commerçants préfèrent se rendre », analyse l’édile. Ce dernier avait pour volonté de ne pas avoir des stands “doublons” : « Peut-être qu’il faudra y repenser ».
En cas de succès, l’idée du départ était de prolonger le marché jusqu’à la fin du mois de septembre. Pour l’heure, rien n’est décidé : « Nous allons voir avec les amateurs, quitte à proposer un format plus réduit ». Affaire à suivre. Une chose est sûre en revanche : le marché fera son retour en 2023.