Hydravion au Der : le projet de l’aéroclub redémarre
INITIATIVE. Des hydravions au lac du Der, c’est le rêve que comptent bien réaliser les bénévoles de l’aéroclub de Saint-Dizier. Un nouveau dossier doit être déposé dans les prochaines semaines auprès des instances compétentes avec l’objectif de concrétiser le projet l’année prochaine.
Le projet d’installation d’une activité hydravion au lac du Der est toujours d’actualité à l’aéroclub de Saint-Dizier. Après un premier coup d’hélice dans l’eau, les bénévoles ne baissent pas les bras bien au contraire.
Depuis 2018, date de l’amerrissage du premier hydravion de l’histoire du Der, en guise de démonstration, le projet avait avancé par à-coups avant d’être finalement mis à l’arrêt par les instances juridiques il y a quelques mois. « Mais on a compris pourquoi le dossier a été stoppé », explique Erik Muard. Bénévole a l’aéroclub, ce pilote expérimenté rêve depuis 24 ans de voir des hydravions se poser pour de bon au lac du Der. « On s’attendait à être stoppé par des aspects environnementaux comme Natura 2000, mais ça n’a pas du tout été le cas. Il n’y avait pas une ligne là-dessus. » C’est sur un aspect très technique du projet que le tribunal administratif a finalement décidé de mettre le projet à l’arrêt.
« Il y a aujourd’hui une vraie volonté de relancer l’activité hydravion en France. »
Mais depuis, de l’eau a coulé sous les pontons, et le bénévole de l’aéroclub est plus confiant que jamais. Il faut dire que beaucoup de ses interlocuteurs ont changé. Les préfets de la Marne et de la Haute-Marne, le président du syndicat du Der. Et selon Erik Muard, tous les feux semblent être au vert pour accompagner le projet.
De plus, le pilote s’est rendu à l’assemblée générale des hydravions de France. Au cours de cette rencontre, il a croisé un responsable de la direction générale de l’aviation civile (DGAC) de Bordeaux, auteur d’un guide à l’attention des préfectures en vue de l’installation d’hydrosurfaces (c’est à dire, en gros, la piste d’amerrissage des hydravions).
Mode d’emploi reconnu
Avec ce document, tout récemment édité et estampillé DGAC et ministère des Transports, Erik Muard dispose d’arguments de poids pour que les services préfectoraux aient toutes les réponses à leurs questionnements. « Ce document a été créé parce que la fédération des hydravions de France a constaté les mêmes difficultés que nous : le problème, c’est une méconnaissance du sujet par les autorités. Mais il y a aujourd’hui une vraie volonté de relancer l’activité en France », assure-t-il.
Dans la mesure où les avions ont déjà l’autorisation de survoler le lac du fait de la présence de la BA 113, et où des bateaux à moteur sont déjà présents sur le site (une fois sur l’eau, l’hydravion change de statut et est considéré comme un bateau), Erik Muard considère qu’il ne devrait pas y avoir de difficulté à ce que le projet puisse enfin se concrétiser. « On n’a même pas besoin d’aller dans le port, l’avitaillement se fera à l’aéroclub. »
Un nouveau dossier doit donc être déposé auprès des instances compétentes dans les prochaines semaines avec pour objectif l’ouverture de l’activité à l’été 2023. D’ici là, l’aéroclub aura un autre défi à relever : acheter son propre hydravion.
Frédéric Thore
Un dossier pour quel projet ?
Le projet de l’aéroclub de Saint-Dizier prévoit l’ouverture d’une hydrosurface sur le lac du Der. Celle-ci permettra aux hydravions d’amerrir, de décoller et de s’amarrer à une bouée sur la surface de l’eau. L’activité hydravion s’adressera aux curieux qui voudraient aller faire un tour lors de leur passage au Der. Il est par exemple possible de décoller du terrain de l’aéroclub (l’hydravion convoité aura des roues) ou de faire des boucles sur le site. Elle s’adressera également à ceux qui voudraient se former au pilotage. Erik Muard et Jean-Louis Marcireau vont passer leur qualification d’instructeur. Et puis, le lac pourrait devenir une halte pour les longs voyages. « On a des demandes de beaucoup de pays, on peut imaginer des partenariats avec les restaurants, les hôtels etc. Quand ça se saura, ça va ramener de l’activité et de l’animation ! »