Un nouveau chantier – L’édito de Christophe Bonnefoy
Kylian Mbappé est très content de rester à Paris, « ma ville ». Ça, c’est pour le petit discours très protocolaire à l’adresse des supporters. On pourrait ajouter : « Je reste, mais je pose mes conditions ». Et on se doute bien qu’elles ne sont pas que financières, même si son non-départ vers le Real s’est négocié à coups de centaines de millions d’euros.
Leonardo est ainsi le premier à faire les frais du plan de carrière de l’attaquant parisien. Le Brésilien, en son temps accueilli comme le messie, sans mauvais jeu de mots, devait porter le club de la capitale vers des sommets jusqu’alors inaccessibles : la victoire en Ligue des champions. Il n’aura réussi qu’à maintenir l’hégémonie du PSG en Ligue 1. Des clopinettes, pour des Qatariens qui ne peuvent se contenter d’asseoir leurs ambitions sur un seul championnat national.
Samedi soir, les réseaux sociaux faisaient de Mbappé, sur le ton de la blagounette, le désormais vrai patron du club. C’est en partie justifié. Le champion du monde reste donc, mais veut – exige ? – que l’équipe, le club tout entier, même, soient construits, pensés, articulés autour de sa personne. Pour dire les choses autrement : il devient – ce qu’il était déjà, d’une certaine façon – la pierre angulaire du PSG, mais veut lui faire passer un nouveau cap. Leonardo, out. Pochettino, c’est une question d’heures. Il n’avait déjà plus aucune influence depuis un bon moment. Messi ? Neymar ? Ils doivent désormais s’effacer devant le prince. On ne jouera plus pour eux, ils joueront pour lui. S’ils restent au club.
Il ne faudra plus compter sur l’unique talent de Mbappé à l’avenir. Mais aussi sur les joueurs qui auront été sélectionnés pour l’accompagner. Pour former, enfin, un vrai collectif qui manquait au club depuis des années. La cerise sur le gâteau ? Un chef d’orchestre qui réussira ce que Tuchel, Blanc et Ancelotti n’ont pas réussi. On a bien une idée…