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La hausse de la fiscalité enflamme le débat à la CCAVM

Séance essentielle pour définir les orientations pour les années à venir, les orientations budgétaires ont donné lieu à un vif débat entre les délégués communautaires ce jeudi 17 mars à la communauté de communes Auberive Vingeanne Montsaugeonnais. En jeu, la capacité de la collectivité à rester dynamique.

Lorsqu’il présente les orientations budgétaires chaque année, le président d’une commune ou d’un intercommunalité sait qu’il s’engage dans une direction qu’il va devoir faire accepter aux autres membres de la collectivité. C’est justement ce que s’est ingénié à faire Laurent Aubertot, président de la communauté de communes Auberive Vingeanne Montsaugeonnais (CCAVM), lors de la séance qui s’est tenue jeudi 17 mars à Prauthoy.

Pour l’élu, « ces orientations budgétaires vont nous donner les perspectives pour les cinq ans à venir et la situation actuelle fait qu’il va falloir prendre des décisions ». Après que les éléments factuels et financiers de l’année 2021 ont été rappelés, deux scénarios ont été présentés aux délégués présents dans la salle.

Ces deux hypothèses ont un dénominateur commun, celui de devoir dès 2022 retrouver de la capacité d’autofinancement sous peine de se retrouver rapidement dans une impasse. Avec respectivement une hausse de la fiscalité intercommunale de 5 et 10 %, ces deux scénarios ont été présentés par Laurent Aubertot « comme un pari qu’il faut tenter ». S’il a reconnu qu’il s’agissait d’un nouvel effort demandé à chacun, le président de l’intercommunalité a ajouté « que ce petit coup de collier supplémentaire pouvait permettre d’inverser la courbe et que l’on ne pouvait pas abandonner les efforts déjà faits ».

Première hausse fiscale depuis 2016

Rappelant que l’intercommunalité n’avait pas augmenté ses taux depuis six ans, Laurent Aubertot a présenté, chiffres à l’appui, les projections des deux scénarios pour le cinq années à venir. Pour clairs qu’ils soient, ces chiffres n’ont pas emporté l’assentiment de l’assemblée.

En effet, de nombreuses voix se sont fait entendre pour s’interroger sur la pertinence pour la collectivité de garder autant de compétences mais surtout sur le fait qu’ « augmenter les recettes par l’impôt, c’est une chose mais il faut aussi voir quelles réductions de dépenses sont aussi possibles ». Au chapitre des dépenses qui ont soulevé une certaine exaspération dans les rangs de l’assemblée, le futur Pluih (plan local d’urbanisme intercommunal et habitat) a été un élément revenant à plusieurs reprises. Maire d’Auberive, Jean-Claude Volot a, notamment, pointé du doigt ce dispositif décidé par des gens dans des bureaux et qui, s’il est utile en milieu urbain, n’est pas du tout adapté à nos territoires ruraux.

Au-delà d’une certaine réticence par rapport à une hausse de la fiscalité, c’est avant tout dans le fait de trouver où faire des économies qui a semblé animer le débat. Plusieurs élus ont en premier lieu souligné qu’il « serait peut être utile que chaque commission réfléchisse en son sein sur les postes où elle peut réduire les dépenses ». Les cas de la voirie mais aussi des travaux ont d’ailleurs été cités en premier lieu. Par ailleurs, certains se sont interrogés sur la capacité qu’avait la collectivité à supporter l’ensemble des projets et investissements prévus jusqu’à la fin du mandat.

Nul doute que les prochaines semaines au sein des commissions vont être riches en débats et que la séance de vote du budget va, de nouveau, alimenter la discussion sur les moyens d’améliorer les perspectives financières de la collectivité.

Pierre Gaudiot

p.gaudiot@jhm.fr

Des crispations autour du scolaire

Outre les orientations budgétaires, un autre point de l’ordre du jour a amené du débat. En effet, au chapitre enfance jeunesse, lorsque la question sur la composition du comité technique et du projet d’école rurale innovante en lien avec le Parc a été présentée, les réactions sont arrivées immédiatement. C’est notamment, Patrick Varney, élu du Montsaugeonnais, qui a fait part de ce qu’il perçoit comme un traitement différencié entre les écoles de la CCAVM.

Faisant référence aux fermetures de classe des écoles d’Auberive et de Saint-Loup-sur-Aujon, « pour lesquelles on s’était battu avec les parents l’année dernière et qui ferment sans que l’on réagisse cette année », le délégué communautaire a regretté cette situation. A ses yeux, le maintien des postes sur ces deux écoles situées dans le Parc national n’est pas la bonne solution puisque cela crée une iniquité par rapport aux autres écoles, mais aussi pour les enfants qui seront plus nombreux dans les classes. Une vision des choses qui n’a pas trouvé beaucoup d’échos dans l’assistance mais a tout de même alimenté le débat. Pour autant, l’ensemble des délégués présents jeudi 17 mars a adopté à l’exception de trois abstentions la délibération.

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