Coup double – L’édito de Patrice Chabanet
Par les temps qui courent les moments de se réjouir sont suffisamment rares pour ne pas les laisser s’échapper. Cette occasion nous est fournie par le sport, en l’occurrence le football. La victoire du PSG, puis de Lyon en quarts de finale de la Ligue des Champions est de celles qui resteront gravées dans les mémoires, y compris chez les non-initiés du ballon rond. Avoir deux équipes françaises dans le dernier carré, qui l’eût cru il y a encore quelques semaines. Chacun des deux clubs occupait la scène médiatique plus pour des conflits internes que pour une victoire en quarts de finale. Mais le miracle a eu lieu avec des retournements de situation qui ont dû faire souffrir de nombreux supporters au cœur fragile.
Ces deux matches ont libéré bon nombre de symboles. Face à Leipzig et au Bayern, les deux équipes françaises vont nous rejouer, d’une certaine manière, une énième version de France-Allemagne. On peut espérer que cette double confrontation démentira le fameux adage selon lequel « à la fin c’est toujours l’Allemagne qui gagne ». Difficile de faire des pronostics après des quarts de finale qui les ont proprement démentis. Ce sera dur, assurément, avec un Bayern au palmarès éloquent dans la compétition européenne. Quant à Leipzig, un autre élément est à prendre en compte : son histoire. Métropole de l’ancienne RDA, elle a une revanche à prendre face à une Allemagne de l’Ouest souvent perçue comme conquérante et arrogante. La réunification n’a pas tout effacé.
La politique n’est jamais loin des exploits sportifs. Emmanuel Macron n’a pas dérogé à cette pratique. « A Bruxelles comme sur les terrains, la France et l’Allemagne, moteurs de l’Europe ! », a-t-il tweeté dès la victoire lyonnaise connue. Reste à savoir si au terme de la finale le moteur sera français ou allemand. Les jeux sont ouverts.