(Re)mettre à niveau – L’édito de Christophe Bonnefoy
(Re)mettre à niveau – L’édito de Christophe Bonnefoy
Tous différents… mais tous égaux. Aussi paradoxale qu’elle puisse apparaître, telle semble pourtant bien être la philosophie de notre Ecole depuis des décennies. Une sorte de nivellement, dont on ne sait plus trop au final s’il se fait par le haut ou par le bas… Plus de redoublements – ou si peu – depuis belle lurette ; et un système de notation qui prend bien soin, certes, de ne pas donner le sentiment d’abaisser les enfants les plus en difficulté, mais à l’inverse oublie de valoriser ceux qu’on appelait autrefois les bons élèves. Tout se discute, évidemment. Et l’excellence d’un système n’obéit forcément à aucune recette miracle.
Mais sans même avoir à se pencher précisément sur le contenu des réformes des précédents gouvernements, le simple fait que les ministres de l’Education successifs y aillent chacun de leur plan – même si Jean-Michel Blanquer se refuse à utiliser le terme -, montre à quel point l’échec est patent. La dernière réforme en date, celle de Najat Vallaud-Belkacem, aujourd’hui encore est loin de satisfaire les acteurs de l’Ecole, parents ou professeurs. Que penser alors de ce que vient d’esquisser le ministre d’Emmanuel Macron, avec entre autres la remise sur le devant de la scène du redoublement ou la possibilité de faire machine arrière sur les nouveaux rythmes scolaires ?
Malheureusement, l’Ecole semble se chercher alors qu’elle devrait depuis bien longtemps avoir trouvé la bonne voie pour ses élèves. Par la même occasion et sans aller jusqu’à parler de générations sacrifiées, ce sont bien sûr les enfants qui en pâtissent, malgré la bonne volonté de leurs enseignants. De quoi y perdre un latin qui appartient quasiment au passé.